La pertinence des soins constitue une des priorités de travail dans le cadre de l’amélioration de la performance du système de soins, portant sur les champs de la sécurité des soins, la qualité des soins, et leur efficience. Il s’agit aussi d’intégrer la réflexion dans le cadre du Programme régional de gestion du risque.

C’est dans le champ interventionnel et chirurgical que les travaux sur la pertinence des actes doivent s’orienter en priorité. En effet, selon la HAS, la réflexion sur la pertinence des actes est d’autant plus obligatoire qu’elle concerne des actes :

  • assez fréquents ;
  • invasifs (donc comportant des risques) ;
  • présentant des atypies marquées de taux de recours ;
    bénéficiant de référentiels validés de la Haute Autorité de Santé et/ou des sociétés savantes (offrant la possibilité de comparer les pratiques à un référentiel) ;
  • présentant des perspectives de possibilités de changements des pratiques en cas d’écarts entre pratiques et référentiel.

Le repérage de prises en charge potentiellement inefficientes s’appuie sur l’observation et l’analyse des pratiques atypiques par rapport aux moyennes régionales ou nationales.

Pourquoi s’intéresser à la pertinence des actes de double endoscopie ?

Rappelons qu’un acte est « qualifié de pertinent lorsqu’il est dispensé en adéquation avec les besoins du patient et conformément aux données actuelles de la science, aux recommandations de la haute autorité de santé (HAS) et des sociétés savantes, nationales et internationales. »

La pertinence recouvre plusieurs champs :

  • les modes de prise en charge (chirurgie ambulatoire ou chirurgie en hospitalisation complète, rééducation par kinésithérapie en ville ou hospitalisation en soins de suite) ;
  • l’utilisation des produits de santé ;
  • les séjours, des parcours de soins (hospitalisations évitables) ;
  • les actes.

En effet le recours à l’échelle régionale en matière de double endoscopie est important. Les raisons de ce recours ne sont pas explicites et probablement multiples : écarts de morbidité, habitudes de consommations de soins, ou de pratiques professionnelles etc. Cependant ces actes non pertinents ne sont pas sans conséquences.

Les professionnels de santé doivent être au cœur de la démarche. Sans leur implication, aucune amélioration des pratiques n’est possible. Leur participation volontaire est souhaitée pour évaluer les pratiques, et proposer des actions d’amélioration.

En effet, l’amélioration de la pertinence des soins nécessite de se poser plusieurs questions. L’acte pratiqué de double endoscopie :

  • est-il le mieux adapté à l’état de santé du patient ?
  • est-ce que les critères cliniques sont les mêmes pour tous ?
  • est-il nécessaire de prescrire les deux, endoscopie haute et basse ?
  • avons-nous toutes les informations nécessaires au moment de l’acte ?
  • le dossier du patient est-il toujours bien renseigné ?
  • Pourquoi ce sujet ?

Des données régionales opposées aux données nationales
Variations régionales de 14 à 61% du taux de recours
Taux de recours régional : 43,6% avec une moyenne nationale de 35%

Peu d’écart entre les déciles 40-50 et 50-60 ans ;
Forte proportion dans le décile 30-40 ans ;
6770 séjours (2012) pour double endoscopie ;
Pour les patients de 10 à 49 ans, soit 32% des doubles endoscopies régionales.

Une obligation : La promotion de la pertinence des prescriptions et des actes figure dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2015 ; le choix a été de cibler l’analyse des doubles endoscopies avant 50 ans .

Quels sont les outils mis en œuvre en Languedoc-Roussillon ?

Mise en place d’une grille d’évaluation : Un travail préliminaire piloté par les Docteurs gastro-entérologues Pierre Dalbies, Jean Christophe Valats et Jacques Liautard, appuyés sur le plan méthodologique par Mme le Dr Anne Charlotte Royer, médecin de santé publique, a permis de valider la grille de recueil des indications de l’acte de double endoscopie, au cours du même temps opératoire.
Une phase test à été réalisée pour mesurer la faisabilité de l’utilisation de l’outil et son ergonomie.

Vous pouvez retrouver cette grille d’évaluation sur ce lien

Un guide d’utilisation de la grille est rédigé pour permettre à chaque spécialiste de la remplir sans questionnement ou interprétation non univoques des items.

Vous pouvez retrouvez ce guide d’utilisation sur ce lien

Conception d’un outil informatique de saisie des données permettant une analyse globale.

Quels sont les acteurs de cette évaluation de la pertinence des doubles endoscopies ?

La méthodologie a été validée par un groupe d’experts. L’étude est prospective ce qui permet de mieux intégrer l’évaluation à la pratique.
L’analyse sera prospective pendant 3 mois, de septembre à décembre 2015, avec un objectif maximal de 35 questionnaires remplis par chaque gastro-entérologue.
Afin de faciliter la saisie, un questionnaire en ligne sera prochainement mis à votre disposition.

Référentiels

HAS : Points Clés et solutions pertinence des soins Note de problématique pertinence
ENDOSCOPIES DIGESTIVES 2013
SNFGE : Société nationale Française de Gastro-entérologie ;
SFED : Société Française d’Endoscopie Digestive ;
SNCP : Société Française de Colo-proctologie ; CEPP HGE : Collège EPP en Hépato-Gastroentérologie (OA EPP) ;
EA HGE : Organisme Agréé d’Accréditation en Hépato-Gastroentérologie.